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mercredi 29 juin 2016

L’Orage du Basilic...

http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/gewitter-alte-wettsteinbruecke.html



                                                L’Orage du Basilic,



Par-delà le bouclier des lueurs
S’avancent d’inquiétantes ténèbres.

Dominateur, ailes défiant le ciel,
Le Basilic chuinte sa colère ;
Seules lui importent
Les superstitions et les peurs qu’il suscite.
Ses ergots, agrippés au blason de la ville,
Le cou ophidien, il tend sa tête faussement épanchée.
Car l’œil  perce et brûle,
Quand  le bec en croc perce et tue.
Aux corps et membres couverts de plumes,
Echappent enroulée,
Sa lourde queue d’écailles dressées ;
Foudroyant serpent !
Perfide, il scrute le chaland,
« L’orage est sur toi, badaud !
Ne te retourne pas !
Fuis! Si tu le peux encore! »

Le parapet de fer,
De sa dentelle ouvragée,
Sépare le règne de Baal,
De la quiétude vivante,
D’une Bâle assoupie.

La cathédrale, lumineuse sentinelle,
De deux bras suppliants
Protège des ombrages et le toit des logis.
D’elle, disait-on, viendrait la renaissance
Après le triomphe du chaos ;
Après les éclairs, sourde canonnade,
Elle fera une offrande d’or : un matin nouveau.

                        Serge De La Torre (29/06/2016)
(Poème inspiré par Orage au Vieux Pont Wettstein: Oeuvre de l'artiste Alvaro De Taddéo )

A retrouver sur :

                   http://instantsdecriture.blogspot.fr/

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mercredi 11 mai 2016

Winter am Vater Rhein

                                                                  
                          http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/winter-am-rhein.html

Oh! Rhin qui nourrit les terres de tes secrets, de tes ombres !
Me saisissent ces reflets noirs dans tes eaux sombres :
Elles semblent verser leurs flux en direction des berges murées de patience,
Y entrer par quelque bouche béante, masquée de végétation profuse.
Le noir irrigue les audaces végétales, d’artifices complexes.
Qu’ils sont loin, les verts tendres du printemps,
Les verts si mûrs et divers de l’été ! 
Si éloignés les flamboyances automnales !
Le blanc a colonisé la vie, il a unifié la ville à son cadre.
Tout n’est plus que lignes et courbes sauvages dans les jardins, 
Où elles donnent aux parcs des allures de choux fleurs en désordre,
Et aux végétaux du bord de l’eau des allures de chevelures pendantes,
Oh ! Pénitentes qui baignez, à genou sur les quais de pierres lisses,
Vos fantaisies capillaires à la coulée des eaux tranquilles du Vater Rhein ;
Juste derrière vous, les arbres, les uns aux autres serrés,
Montent une garde tutélaire, cachent jusqu’à leurs tremblements, 
Et vous masquent, aussi, aux yeux des ordinaires passants.
Gagnés de nuits et de fantasmatiques trainées nocturnes,
Ces fiers chevaliers font un dos rond au blanc qui les couronne. 
La cité se recroqueville, fait masse et bloc, 
De ses raideurs angulaires. Dans son écharpe neigeuse.
Plus rien n’est glorieux, sa force prospère a des allures de remparts,
Sa prière a des allures d’insolent orgueil,
L’hiver triomphe, et la froidure impose sa couleur,
Blanche et virginale grisaille, elle efface limites et barrières. 
Dans la nuée grasse, seul mouvement dans cette blancheur éteinte, 
Un vol d’oiseau déchire l’ouate céleste, grand-voile de pudeur fade, tendue au soleil 

                                                         Serge De la Torre
                                                             (11/05/2016)

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