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lundi 30 mars 2020

Éphémère

"Deux femmes sur le rivage" 1898 -gravure sur bois - coll.privée- 
Issue du livre "Edvard Munch ou l'anti cri" Ed. Pinacothèque de Paris


Regarde la mer,
Puis vois aussi ta terre :
La vie est un continent fragile !

Destin, sans visage,
Nous avançons seuls, 
Aveugles dans la nuit noire.

La joie est un luxe 
Qui ne tient qu’à un seul fil :
Sais-tu, humanité! qui te hèle ?

Nos regards au loin
Nous font ignorer cette mort 

Qui pourtant nous tient la main.

Serge De La Torre

dimanche 29 mars 2020

Jardins intérieurs




 Jardins intérieurs

Ils sont en nous les jardins, au fin bout derniers de nos soupirs, ils s’épanouissent en nos veines en glorieux flux imaginaires. Il convient de les trouver, tapis de couleurs aux lumières de nos âmes. Il n’est qu’à les trouver aux silencieux espaces de nos fonds

Tableau d'André Van Beek

Indistinct brouillard :
Jaillissement de lumière,
Explosion d’couleur …

En ces jardins, vit un couple tranquille, maître et compagne, maîtresse et jardinier, qui te conduisent à tes noces réconcilient ton cœur à tes larmes, émotions et alarmes et t’offrent la paix qui finalement t'éblouit de ses charmes…  

Paix d’un coin d’eau claire,
Cœur d’un océan de fleurs
Un chemin y court.

Leur vie est toute de contraste et la tienne de soucis, les deux s’harmonisent : de nouveaux liens se tissent et le temps se lasse de courir. La vie est profusion et lenteur, au jardin des délices, au grand jardin des larmes, au grand jardin des fleurs.

Pompon de fleurs nues
Arbustes en pomélos,
Tiges noires et torses.

Les paradis intérieurs ont les allures qui nous font et nous défont, et les floraisons de couleurs diverses et pleines d’allures, goutte de l’eau de la vie qui t’accueille et t’embrasse. Goûte là dans ta main, fais-en le recueil. Créée ton calice, oublie ta science. Prends donc-là, ta confiance aussi bien que ta patience !

Il est des jardins
Comme des gens et des vies :
Ils vont et varient.

Retourne à la vie, homme d’inconscience perdue, les yeux ouverts, ouverts à ce nouveau jour. Il n’est pas de lumière que tu ne puisses trouver, en dehors de ces maîtres de douceur, de ces êtres paisibles, amants du renouveau. Il n’est point de miracle que tu ne puisses trouver en tes intérieurs jardins, car ….

Ils dorment en nous,
Au fin bout de nos désirs :
Où chante la vie


jeudi 9 janvier 2020

Dans la brume, la paix et le silence


Rosa Bonheur - Bovins au pré

Dans la brume, le silence du matin humide et levant,
Tout est figé, sinon le regard de la Noire….

Ses yeux sont un centre qui vous interroge.
Il y a chez elle, plus de conscience, plus de vigilance
Qu’il n’en est en moi :  car elle m’appelle.

Elle nous appelle tous, qui la regardons en miroir …
A comprendre, à saisir, à sentir, à gouter
La paix du matin… simplement ce bonheur d’être !

M’effacer, s’effacer dans le cadre paisible des effluves,
M’éveiller, s’éveiller dans le duvet indéfini et tendre du jour,
De ce qui n’a pas besoin de se révéler pour être,
De ce qui n’a pas besoin d’effort, pour devenir pleinement.
                                                             

                                                        Serge De La Torre
                       (Publié une première fois dans le cadre de l'Atelier d'écriture "L'Herbier de poésies 
                                                   animé en ligne par Adamante Donsimoni)



jeudi 28 novembre 2019

Estampe indienne au Bois de Boulogne

Un seul geste suffit pour faire un chef d'oeuvre 
Au loin, un sombre couple d'amants, 
Crie à sa manière la  perfection du moment .
Pour eux, la mer est une perspective évadée. 

La vernale blancheur d'un bouquet, 
Vaut la grâce d'un genou en terre 
La main nue d'une élégante accroupie,
Met de l'or au paysage de soleil ébloui. 


Serge De La Torre

Maurice Denis, Avril (Les Anémones), 1891, Collection particulières
                         (Tous droits réservés © Paris, ADAGP, 2012)

samedi 23 novembre 2019

Vincent mon frère, Vincent mon ami,



Tu t'en es allé Vincent, selon ton habitude …
Comme une étoile filante….
C’est sûr, mon ami,
Tu fus un géant. 
Tu allais à ton art 
Comme nos pères allaient à la mine : 
Le visage grave, et le regard parfois perdu, 
Et dans ta barbe hirsute,
Tu marmonnais en marchant,
Des sentences de sage, 
Que tu avais, à la dure,
-Dans une si grande solitude-, apprises : 

« N’oublions pas que les petites émotions 
Sont les grands capitaines de nos vies,
Et qu’à celles-ci, nous obéissons sans le savoir ».

Tu vibrais, Vincent, avec les étoiles que tu peignais,
Mais qu’aurions-nous du attendre d’autre, du génie ? 
N’est ce point toi qui m’écrivis un soir : 

« Je vis une clarté effrayante 
Au cours des moments où la nature est si belle. 
Je ne suis plus conscient de moi-même 
Et les images m’arrivent comme dans un rêve. »

Oh Vincent mon frère, oh Vincent mon ami !
Il est de doctes savants qui s’étonnent, 
Eh oui, mon frère, 
Qui s’étonnent, eh oui mon ami !
Que tu n’aies su atteindre au mystère,
 Qu’aux pires heures du chemin …
Aux pires moments, de ta vie :  
Au seul cœur des plus sombres de tes échappées,
Au plus noir du pays de ta mélancolie ? 
Oublient-ils ce que quelque jour tu nous prédis ?  

« Il faut pouvoir vivre d’un morceau de pain, 
Tout en travaillant toute la journée, 
Et en ayant encore la force de fumer,
Et de boire son verre, 
Il faut ça dans ces conditions. 
Et sentir néanmoins les étoiles 
Et l’infini en haut clairement. 
Alors la vie est tout de même presque enchantée ».

Tu vibrais ces jours-là, 
Jours de gloire et jours maudits,
Au diapason de ces constellations,
 Où ton œil comme le nôtre,
 N’était jamais encore allé ? 
Bien sûr Vincent, bien sûr mon ami ! 
L’âme humaine est un microcosme
Où se reflètent tous les infinis ?
Les alchimistes le disaient déjà, 
Et qui donc oserait, après toi, en douter ? 
Et quoi, ? Que semblable connaissance ait pu
 Te faire dépasser nos ordinaires prudences ?  
Ne nous as-tu pas dit un jour : 

« La normalité est une route pavée : 
On y marche aisément, 
Mais les fleurs n’y poussent pas. »

D’autres tout semblablement doctes s’étonnent 
Que le mystère des galaxies ait pu t’échapper,
 Lorsque tu choisissais d’être plus simplement, 
Plus heureusement des nôtres. 
Tu restais pourtant artiste, mon Vincent,
Tu ne faisais alors qu’œuvre plus humaine :  
Et tu nous confiais, alors, en quelques mots
Ton amour maladroit, ton amour d’ homme : 

« Dans un tableau, je voudrais dire
Quelque chose de consolant comme une musique (…)
Il n'y a rien de plus réellement artistique
Que d'aimer les gens.”

Et te rends-tu compte Vincent, 
Tu voyais juste encore, mon ami , mon frère ! 
Toi qui m’envoyas un jour ce message prophétique : 

« La science – le raisonnement scientifique – 
Me parait être un instrument
Qui ira bien loin dans la suite. (…)
Des générations futures, il est probable, 
Nous éclairciront à ce sujet si intéressant ; 
Et alors la Science elle-même pourrait – 
Ne lui déplaise – arriver à des conclusions 
Plus ou moins parallèles aux dictions du Christ 
Relatives à l’autre moitié de l’existence. »



Te voici parti mon frère, rejoindre tes étoiles,
 Définitivement entré dans ta nuit.
Faut-il que je m’en étonne ?
Toi qui n’a jamais été que sur le départ,
Hasardeusement posé parmi nous :

     « Cela m’intéresse infiniment,
     Mais une chose complète:
     Une perfection nous rend l’infini tangible ;
     Et jouir d’une telle chose,
    C’est comme le coït, le moment de l’infini. (…) »
    « On commence à saisir alors que la vie
     N’est qu'une espèce de période de fumage,
     Et que la récolte n'est pas de ce monde. »
     Dans la vie du peintre peut-être la mort
     N’est-elle pas ce qu’il y aurait de plus difficile.
     Moi je déclare ne pas en savoir quoi que ce soit, 
    Mais toujours la vue des étoiles me fait rêver 
    Aussi simplement que me donnent à rêver 
    Les points noirs représentant 
    Sur la carte géographique, villes et villages. »

Adieu Vincent, adieu mon frère, adieu mon ami, 
                                  Serge De La Torre

                                           A Vincent Van Gogh
                        Par la voix de Théo, son frère et meilleur ami…

vendredi 8 février 2019

Méditation 4 -Oeuvre d'Adamante Donsimoni proposée à la créativité poétique
des participants à l'Herbier de poésie


Les couleurs du monde ne sont rien, avant que l'esprit de l'homme ne les libère.

-      Mais de quoi, mon frère ? Mais de quoi ? Et surtout, mon frère, dis-moi comment ?

            -    De chacun de ses propres maux, mon ami, de chacune des illusions qu'il y projette.

Au cœur de l'homme se trouve l'Homme,
Parce qu'au creuset de toute vie se trouve son Essence,
Au fond de chaque existence, cela même qui la déborde.


-      Sache-le, mon ami,
L'homme est son propre utérus,
Il se porte lui-même
Comme le fit, au début, sa mère.

            C'est ainsi qu'il naît l'Homme :
            En reconnaissant la vie
            Qui est en lui déjà inscrite ;
            En la reconnaissant aussi
            D'instant en instant,
            Sertie en ce monde,
            Et à sans cesse reconquérir.

            Assis, en un profond silence
            S'élève, la multitude bigarrée de ses folies
            Et paisible, l'homme de paix les ressent, les reçoit.
            Mais les  regarde pour ce qu'elles sont.

            Or ce faisant, il s'approche l'Homme.

            Traversant les masques
            Où se travestit encore sa  nature,
            Au cœur du cœur de chacun de ses instants vécus,
            Se révèle partout  la tranquille merveille qui l'habite.

            Oui ! Et sans qu'il le sache vraiment,
            Son âme est déjà pareille au trésor qu'il convoite.

            Ainsi naît l'homme qui se rencontre,
            Lentement et soudain conduit
            A l'infini de sa propre substance .


            Serge De La Torre



lundi 24 décembre 2018

La constellation du chat


  

Lorsque naquit au monde le peuple des hommes, durant des nuits et des nuits, Ils tremblèrent sous le ciel d’été et pire encore sous le ciel d’hiver.
Terrifiés, longtemps, ils y sentirent dangers et présences.
Longtemps, ils n’y regardèrent l’ombre que comme une menace.
Ils avaient si peur : une multitude d’yeux les regardaient vivre.
Une voix, parmi eux, alors s’éleva :

Le ciel est matrice.
Yeux d’hommes hallucinés !
L'Été comme l’Hiver !

La peur dépassée, les regards s’osèrent imagination, et les nuées devinrent giron des possibles.
Elles entrèrent dans un ordre : celui de leurs rêves, celui de leurs désirs.
Les hommes s’arrachaient entre eux les œillères.
La nuit serait leur, ils la liraient selon leur cœur.
Elle ne serait plus noire, ni bleue, elle leur devint scène, et théâtre.

Lion Petit Renard,
Le peuple céleste
Devenait Bestiaire.

Siècles après siècles, ils jouèrent le ballet, les pièces que nos pères y voyaient se développer. Cassiopée y enfantait Andromède.
Le cygne y convolait avec l’Aigle ; Éros s’y cacha souvent, et le Cocher y menait ses Gémeaux.
Un penseur sans âme naquit pourtant un jour, qui hurla :

Les cieux sont froids.
Sans dieux, habillés de vide !
Osez la tristesse !

De trous noirs en mystères dévoilés, ils apprirent des savants les chiffres et baptisèrent l’infini de nombres à puissance.
La voûte céleste devint carte et raisons, elle perdait en magie.
Masse et diamètre, rayon d’orbite et période de rotation tuèrent bien des regards.
La Voie Lactée se fit lait froid.
 Ne restèrent plus à rêver sous le ciel que l’enfant et l’artiste, qui continuent par temps clair, d’y lire d’étranges bonhommes verts faisant des folies salutaires.

Fée naine, et Barbu
Dans un coin de l’univers
Dansent avec mon chat.

                               Serge De La Torre 

dimanche 23 décembre 2018

Flamme-femme



           
Oeuvre picturale d'Adamante Donsimoni proposée à l'inspiration de l' Herbier de poésies
                                                  

Flamme, vierge dans sa grotte
Femme-Lumière, sur fond de nuit noire
Espoir, éclat dans l’infini des inconsciences,
Adoration :  humilité en silence,
Piété, piété née de l’innocence
Noël, vous dis-je !
Noël avant l’heure,
Instant recueilli :
L’homme est si grand lorsqu’il se fait petit,
Et las,  si petit lorsqu’il se croit grand.
                                              
                             Serge De La Torre 


dimanche 23 septembre 2018

Comme un vent lourd...

                               

Claude Monet, Meules, 1891, huile sur toile, 73 x 92 cm, collection privée
                                         
Comme un vent lourd, il vous souffle, l’éclat de la lumière.

Il est mouvement,  
Force illuminante,
Et puis aussi énergie qui sauve.

Quel peintre saura-t-il mieux le rendre sur l’espace d’une toile,
Fusse par ses couleurs, par des touches épaisses ou serrées, et même par tout le détour de son art ?
Quel peintre saura-t-il donner la parfaite sensation vécue, sous une semblable flamboyance ?
Mille ont osé, tenté ; certains, bien plus rares ont fait merveille. 
Et pourtant toujours à nouveau, ils y reviennent : il est des chemins qu’il n’est possible de prendre que seul. Et bien au-delà de soi, toujours ! Des quêtes qui valent par l’effort que l’on fait, autant au moins que par le point où l’on arrive

Lumière jaillie d’un invisible foyer,
Et qui au ciel silencieux explose,
La meule comme une pyramide,
Alignée à ses voisines, te fait mur de sa paille sèche.
Et offre un semblant d’ombre
Où l’on s’abrite, voit et se repose.

Comme un vent, éclat de la lumière
Tu vas brisant les limites d’un objet qui finit
Dans celles où l’autre prend son essence,
Opposant simplement, à l’immobile, l’allant.

Dans l’œil qui vieillit, la fusion s’opère.
L‘éclat importe plus que ce qu’il éclaire.
Soudain le regard transperce
Jusqu’aux frontières devenues floues de la matière.

L’été brûle, les jours flamboient ;
Rien n’est plus dans ses propres limites 
:
Tout va un cours, invisible et fuyant,
Où l’empreinte de l’homme est plus grande
Que n’est, visiblement, sa présence.


            Paru sur la page 119 de l'Herbier de poésie : https://imagesreves.blogspot.com/2018/09/page-119-ca-brule.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ImagesEtRves+%28Images+et+r%C3%AAves%29

samedi 8 septembre 2018






Léonard Tsuguharu Foujita, Femme allongée, Youki, 1923, huile sur toile, 50 x 61cm, collection particulière © Fondation Foujita / ADAGP, Paris, 2018





Caresser le mutisme, de son pinceau

Comment dire sur ma toile l’essence où baignent tes poses, le matin. 
Ce vide qui sépare nos âmes et qui de même les lie?
Comment crier en couleurs, la merveille de la Vie derrière l’ordinaire des choses ?
Comment hurler en aplat cette souffrance qui se vit et nous embrasse, ma muse !
Comment rendre aussi ce vertige, lorsque s’ouvrent enfin grandes les portes closes :  la chute en figuration qui s’amorce est autant ce qui me brûle, que ce qui me fera grandir.
Allons !

Hurle fort le blanc !
Tendresse pâle qui signe
Ce qui, nu, s’expose.

Comment peindre le lumineux lait de ta peau, sur la soie écrue du drap froissé, sur le moelleux pâle de l’oreiller blessé ? 
Comment souligner ton regard de biche amoureuse, sous mon œil meurtrier d’amant-chasseur !
 Mon pinceau, beauté, te couche sur ma toile, t’aime d’un trait, d’un contraste, et peine à rendre l’amour dont, entière, il t’entoure et te couvre.
Allons…

Blanc ! Caresse-la!
Immaculée douceur, 
Cette âme entière. 

                                          Serge De La Torre

                                     Paru dans "L'Herbier de poésie":
          https://imagesreves.blogspot.com/2018/09/la-page-117-avec-le-peintre-foujita.html

vendredi 15 septembre 2017

Oups !

Oups!
Tableau réalisé par Adamante Donsimoni
et proposée à la créativité de la communauté de L'Herbier de Poésie.

Oups!


Oups est facétieuse. 
Et puis aussi coquine…
Elle est, croyez-moi !
Autant marrante que maline.

Chaque jour, elle nous offre quelque nouvelle prouesse.
Une surprise, un jour ! Quelqu’étonnant spectacle, parfois !

Pleine d’entrain, elle danse, ce matin.
Folle sarabande, sur cette musique enlevée qu’elle est seule à entendre !
Elle fait d’une main, des cercles sur sa tête, gardant, au nez, le doigt pointé de son autre menotte.
Aussi nue que ver, elle arbore, triomphante, une moustache collante de multiples confitures, 
Elle va dans les halos de lumière, à peine troublée des regards qui se voudraient choqués ou critiques.
Ses mimiques réveillent nos rires, chargés, encore, de rêves et d’une nuit moite bien trop courte.
Comme nous éperdue de chaleur, vague, elle vire dans le plus magnifique tremblement, 
Ivre du plus pur plaisir! 
Oh ! Parfaite innocence !

Oups est facétieuse. 
Et puis coquine aussi…
Elle est, croyez-moi !
Autant marrante que maline.

Haute comme trois Pets de nonne, 
Partout encore, enrobée des rondeurs du poupon!
Notre petit soleil sera, dans un moment, reparti dans sa lune.
Sumo ébahi : une couche difforme lui fera l’effet d’un coussin.
Ses pieds lourds dans la terre sèche, 
Lèveront, en tas, les brindilles du chemin.


Elle est marrante. 
Et puis maline…
Petite Oups! 
Elle distribue à qui veut, 
Des câlins sucrés de princesse,
Des baisers de fraise et des bisous de praline ….



     Poésie dédiée à Héléna
          Comment aurait-elle pu ne pas m’inspirer !?

samedi 6 mai 2017

"L’enfant et la mort" suivi de l’"Épiphanie de boulangerie"

1 er August. Vulkan Fête Nationale suisse - feu d'artifice: oeuvre d' Alvaro de Taddéo

http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/1-er-august-vulkan.html

                       L’enfant et la mort


Libre, il sourd en moi, l’enfant agenouillé
Qui vit ce que je ne saurais plus vivre :
Libre est sa folie, sa joie sereine,
Égaux sont ses bonheurs et puis ses oublis.

Il a fait, d’une pétarade, son buisson ardent.

Ma nuit s’illumine de désinvolture,
De l’éclat de ses exploits fous.
Souvenirs enfouis, souvenirs de couleurs
Qui crient dans les soirs mauves.

Il a fait d’une camarade sa complice de l’instant.

Il réchauffe ses mains froides aux feux de Bengale,
Aux joies d’un carnaval, à la lumière de ses lampions.
Mais c’est au cœur que vibrent ses plus belles lumières,
Il aime le Vie, et tout en lui mérite pardon.

Il adresse, pour moi,  à la camarde, un sourire fort seyant.


Vor  der Bäckerei  Tableau d'Alvaro De Taddéo
http://www.ateliermagique.com/fr/galerieadt/galerie/vor-der-baeckerei.html
                                                               

                                                        Épiphanie de boulangerie

Yeux ébahis, doigt fixé,
Ils  salivent à une crèche de pâte à pain,
Savourent sans morsures des figurines de pain d’épices.
Frère et sœur, dans une semblable gourmandise :
Désirs et rêve sont les levains

De cet instant savouré .