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mercredi 8 janvier 2020

El toro y la muerte

Francis Bacon, Étude de taureau, 1991, huile, peinture en aérosol et poussière sur toile, 198 x 147 cm, collection particulière © The Estate of Francis Bacon / All rights reserved / ADAGP, Paris and DACS, London 2019

Taureau furieux,
Ombre fantôme
 Qui jadis hanta l’arène !

Certains jours de grande chaleur, dans le flottement licoreux d’un air instable, apparaissent tes cornes - : en transparence sur le blanc des portes du toril

Taureau écumant
Qui bouillonne de rage
Quand à la mort, il fit face !

Ils te narguent les picadors sur leurs chevaux en caparaçon, les matadors en habit de sinistre lumière.
Capote, piques et banderilles toutes t’excitent de leur mouvement hiératiques , de leur traitrise blessante , jusque-là même : au cœur de la fournaise : à la racine même de ta sourde colère.

Ils te voient - les fous ! -
Comme simple bête,
Quand c’est un Dieu qui fait face !

Tu t’avances vers l’infini ! Par cette porte d’honneur où ta mort n’est qu’un passage. C’est leur nuit qu’ils ignorent quand ils te disent porté par le feu, la tempête et quelque violence.

Tu n’es que nature
Face au toréro
Il jabote le fol, mais te craint ! 

Tu renvoies dos à dos à leur peu de courage, à leur violence, ou leur soif de carnage, les toristas*, les toreristas*, ou les curieux et obscurs turistas*.
Toi, tu avances - fier, fort, et la corne haute- vers la muleta* qui flotte – sordide traîtresse au bras qui porte la passe, et qui cache l’épée au baiser mortel. Tu sors de l’ombre et va vers ta lumière.

Du si vil boucher,
De la bête qu’il tue,
Qui donc a le plus d’honneur !


                                               Serge De La Torre


*Torerista : Spectateur essentiellement attiré par le spectacle du toréador
*Turista : public de corrida occasionnel ou étranger
* Passe : action d'appeler le taureau sur un leurre, capote ou muleta, de le faire courir et passer le long de son corps
* Toril : stalle, local où le taureau est confiné avant qu’il n’entre dans l’arène
* Muleta : leurre en drap de serge rouge utilisé par le matador durant la faena

                                                                               


samedi 23 novembre 2019

Sage ou passage ?


Le vieux sage du parc Monceau -photo Adamante-


Quoi ? D’une clôture, on voudrait me contraindre ?
Je ne suis pas de ceux-là, Madame. Je ne suis pas de ceux-ci, Monsieur. Immobile en tout point, je vais pourtant mon chemin, jeune fille ; mon beau jeune homme, je déroule tranquillement ma vie.


Ans et saisons passent
Et je pousse, m’étends
Je m’impose et m’étale.

Oui, plus de cent coudées en hauteur, plus de vingt, bientôt trente de tour de taille, j’en impose Ma Dame, je dispose d’arguments, Monsieur. Voyez ma ramure, cette volupté boursouflée de mon tronc.

Ma vie est aisance
Et plaisir aussi.
Je croîs, plein épanoui.
  
Dans mes branches et ma ramée, divers, bigarré : tout un peuple. Oiseaux, vers et fourmis ! Tout un chacun trouve en moi le gîte, et la plupart jusqu’au couvert. Pas un que je rejette, pas un que je renie. Et moi, moi, je suis leur roi, je suis leur toit, je suis moi. Ans et saisons passent, les gens aussi. Et moi, je demeure et vous salue d’un souffle d’ombre Ma Belle, d’un simple bruit Mon Joli.

Et deux cents ans d’âge
Dit d’Orient, je suis :
Vieux sage au Bois Monceau.

Mais qu’entends-je ? Quel est ce bruit ? Grincement de dents métalliques et bruits de chaîne glacée. Odieuse odeur d’une huile brûlée et chant de mort de l’autre qu’on assassine, oui, cri de silence de l’arbre qu’on abat et qui meurt.

Qui sera le suivant ?
Ne serait-il pas pour moi ?
Ce crissement de fer ?
Grondement de mort :
Tronçonneuse qu’on affûte,
Outil maudit qui, sadique, par avance et dans la fureur jouit !  

Sauvez le Platane, sauvez le Platane du Parc Monceau ! Qu’on me protège, et qu’on m’enferme, s’il vous plait Mesdames ! D’un grillage, d’une barrière, d’un haut mur s’il le faut, mes amis ! Je suis trop jeune encore, je suis si beau !


Qu’on m’oublie… m’oublie :
Loin de moi la scie,
Et loin l’échafaud !



mardi 19 novembre 2019

Les tournesols sur le sable

Bestiaire sur le sable des Lofoten-Photo tirée de "Didier Larive "bestiaire sur le sable et autres photos prises au lofoten - Norvège-" in http://passeportpourlemonde.fr/2017/03/instants-magique-d-un-hiver-aux-lofoten.html


Les tournesols sur le sable*

Du néant émergent parfois d’incroyables figures,
Un dais de sable en hiver vous révèle une merveille,
Sans dessein aucun, la nature organise ses possibles,
Et fait émerger de rien, quelqu’incroyable folie.

Comme si la beauté était un hasard nécessaire,
Une préfiguration signifiante d’un invisible sans forme :
Une donnée organisée qui se dévoile par surprise
Et qui s’offre au regard, s’il en est un pour la saisir.

Chevelures de sirènes, algues flottantes,
Ronds sur la glace, plages lavées à grandes eaux :
Ainsi émergent sur les Iles Lofoten de Norvège,
Des tournesols que n’auraient pas reniés Van Gogh.

Serge De La Torre

* Poésie initialement parue dans "L'Herbier de poésie" 
https://imagesreves.blogspot.com/2019/11/voici-la-page-153.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ImagesEtRves+%28Images+et+r%C3%AAves%29

lundi 24 décembre 2018

La constellation du chat


  

Lorsque naquit au monde le peuple des hommes, durant des nuits et des nuits, Ils tremblèrent sous le ciel d’été et pire encore sous le ciel d’hiver.
Terrifiés, longtemps, ils y sentirent dangers et présences.
Longtemps, ils n’y regardèrent l’ombre que comme une menace.
Ils avaient si peur : une multitude d’yeux les regardaient vivre.
Une voix, parmi eux, alors s’éleva :

Le ciel est matrice.
Yeux d’hommes hallucinés !
L'Été comme l’Hiver !

La peur dépassée, les regards s’osèrent imagination, et les nuées devinrent giron des possibles.
Elles entrèrent dans un ordre : celui de leurs rêves, celui de leurs désirs.
Les hommes s’arrachaient entre eux les œillères.
La nuit serait leur, ils la liraient selon leur cœur.
Elle ne serait plus noire, ni bleue, elle leur devint scène, et théâtre.

Lion Petit Renard,
Le peuple céleste
Devenait Bestiaire.

Siècles après siècles, ils jouèrent le ballet, les pièces que nos pères y voyaient se développer. Cassiopée y enfantait Andromède.
Le cygne y convolait avec l’Aigle ; Éros s’y cacha souvent, et le Cocher y menait ses Gémeaux.
Un penseur sans âme naquit pourtant un jour, qui hurla :

Les cieux sont froids.
Sans dieux, habillés de vide !
Osez la tristesse !

De trous noirs en mystères dévoilés, ils apprirent des savants les chiffres et baptisèrent l’infini de nombres à puissance.
La voûte céleste devint carte et raisons, elle perdait en magie.
Masse et diamètre, rayon d’orbite et période de rotation tuèrent bien des regards.
La Voie Lactée se fit lait froid.
 Ne restèrent plus à rêver sous le ciel que l’enfant et l’artiste, qui continuent par temps clair, d’y lire d’étranges bonhommes verts faisant des folies salutaires.

Fée naine, et Barbu
Dans un coin de l’univers
Dansent avec mon chat.

                               Serge De La Torre 

dimanche 23 décembre 2018

Flamme-femme



           
Oeuvre picturale d'Adamante Donsimoni proposée à l'inspiration de l' Herbier de poésies
                                                  

Flamme, vierge dans sa grotte
Femme-Lumière, sur fond de nuit noire
Espoir, éclat dans l’infini des inconsciences,
Adoration :  humilité en silence,
Piété, piété née de l’innocence
Noël, vous dis-je !
Noël avant l’heure,
Instant recueilli :
L’homme est si grand lorsqu’il se fait petit,
Et las,  si petit lorsqu’il se croit grand.
                                              
                             Serge De La Torre 


samedi 22 décembre 2018

Homme-robot




Oeuvre de Krist Dimo proposé à l'inspiration des participants de l'Herbier de Poésies .

Homme de labeur farouche !
Homme si froid, si dur d’apparence :
Âme sans sourire, ni expression,
 Sans parole, ni rondeur !

Homme défait de larmes,
De larmes et de liens :
Homme de peines,
De peine et de souffrance !
Homme de traces,
De griffures, de blessures :
D’outrages placidement acceptés !
Homme blessé,
Homme marqué par son histoire !

Visage d’humanité à construire :
Visage où faire renaître
 Un sourire est presque un chantier.

Oh ! Homme de glaise,
De plâtre ou de pierre !
Homme presque sans arme,
Homme à faire !

Tes yeux me disent un silence
Qui s’élève comme un cri terrible,
Une absence qui sature et m’interpelle.

dimanche 23 septembre 2018

Comme un vent lourd...

                               

Claude Monet, Meules, 1891, huile sur toile, 73 x 92 cm, collection privée
                                         
Comme un vent lourd, il vous souffle, l’éclat de la lumière.

Il est mouvement,  
Force illuminante,
Et puis aussi énergie qui sauve.

Quel peintre saura-t-il mieux le rendre sur l’espace d’une toile,
Fusse par ses couleurs, par des touches épaisses ou serrées, et même par tout le détour de son art ?
Quel peintre saura-t-il donner la parfaite sensation vécue, sous une semblable flamboyance ?
Mille ont osé, tenté ; certains, bien plus rares ont fait merveille. 
Et pourtant toujours à nouveau, ils y reviennent : il est des chemins qu’il n’est possible de prendre que seul. Et bien au-delà de soi, toujours ! Des quêtes qui valent par l’effort que l’on fait, autant au moins que par le point où l’on arrive

Lumière jaillie d’un invisible foyer,
Et qui au ciel silencieux explose,
La meule comme une pyramide,
Alignée à ses voisines, te fait mur de sa paille sèche.
Et offre un semblant d’ombre
Où l’on s’abrite, voit et se repose.

Comme un vent, éclat de la lumière
Tu vas brisant les limites d’un objet qui finit
Dans celles où l’autre prend son essence,
Opposant simplement, à l’immobile, l’allant.

Dans l’œil qui vieillit, la fusion s’opère.
L‘éclat importe plus que ce qu’il éclaire.
Soudain le regard transperce
Jusqu’aux frontières devenues floues de la matière.

L’été brûle, les jours flamboient ;
Rien n’est plus dans ses propres limites 
:
Tout va un cours, invisible et fuyant,
Où l’empreinte de l’homme est plus grande
Que n’est, visiblement, sa présence.


            Paru sur la page 119 de l'Herbier de poésie : https://imagesreves.blogspot.com/2018/09/page-119-ca-brule.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ImagesEtRves+%28Images+et+r%C3%AAves%29

samedi 15 septembre 2018

Étranges ballets, Dame Nature !

Dans les profondeurs,
Vos poissons nagent en banc,
Légers et mouvants,

Effets de nuages
Géométrie volatile
Ensembles vibrants,
Au-dessus de nous,
Avancent en processions
De si dignes nuages.

Amas gris de gaze ;
Ordonnés, sans cesse changeants :
Ils vont tous, au vent

Entre les deux,
Dans la roselière
En ronde harmonieuse,
Les étourneaux se tiennent
Dansant, du bout de l’aile 
Et au ras de l’eau,

Me reviennent en mémoire,
D’autres étourneaux, sur l’arbre,
Devant l’hôpital où tu naquis, ma fille ;
À chaque entrée, chaque sortie
S’envolaient en grappes
Ou en multitudes criardes.
De polissons oiseaux,
En cour de récréation.    
 
Serge De La Torre  


samedi 8 septembre 2018






Léonard Tsuguharu Foujita, Femme allongée, Youki, 1923, huile sur toile, 50 x 61cm, collection particulière © Fondation Foujita / ADAGP, Paris, 2018





Caresser le mutisme, de son pinceau

Comment dire sur ma toile l’essence où baignent tes poses, le matin. 
Ce vide qui sépare nos âmes et qui de même les lie?
Comment crier en couleurs, la merveille de la Vie derrière l’ordinaire des choses ?
Comment hurler en aplat cette souffrance qui se vit et nous embrasse, ma muse !
Comment rendre aussi ce vertige, lorsque s’ouvrent enfin grandes les portes closes :  la chute en figuration qui s’amorce est autant ce qui me brûle, que ce qui me fera grandir.
Allons !

Hurle fort le blanc !
Tendresse pâle qui signe
Ce qui, nu, s’expose.

Comment peindre le lumineux lait de ta peau, sur la soie écrue du drap froissé, sur le moelleux pâle de l’oreiller blessé ? 
Comment souligner ton regard de biche amoureuse, sous mon œil meurtrier d’amant-chasseur !
 Mon pinceau, beauté, te couche sur ma toile, t’aime d’un trait, d’un contraste, et peine à rendre l’amour dont, entière, il t’entoure et te couvre.
Allons…

Blanc ! Caresse-la!
Immaculée douceur, 
Cette âme entière. 

                                          Serge De La Torre

                                     Paru dans "L'Herbier de poésie":
          https://imagesreves.blogspot.com/2018/09/la-page-117-avec-le-peintre-foujita.html

mardi 27 février 2018

Halide ou Deux bouleaux sur un plateau des Monts Aladaglar


" L’horizon commence à mes pieds,
Et rien ne le limite ."


Elle vécut dix ans sous la tente maternelle, dix ans à jouer parmi ses frères, sœurs, cousins, cousines et enfants de voisins. On était pauvres dans ce village d’Anatolie, mais si riches de rires et du temps qui va sans fin. Sa mère l'avait nommée Halide à sa naissance ce qui signifie l’Éternelle.

Son père, lui, ne rêvait pour elle et par elle que d’honneurs et de fortune. 
Lorsque, souvent, lui venait une colère, il jurait: c’est Aslye ( la Rebelle) qu’il eut fallu t’appeler ! Halide riait et faisait  rire sa mère.
Il lui trouvait, ce père, - peut-on comprendre pourquoi ? -  quelque frondeuse tendance. 
Un jour, il l’emmena, au loin, après Sandikli, où s’ouvrent, infiniment grandes, les Portes du Sable, insondables déserts de pierres, d’eau bleu, de silice et de sel :

Là, l’horizon commençait à tes pieds
Et rien ne limitait plus ton regard.
Sable et ciel conjuguaient chacun à leur manière
L’ardeur éperdue d’un soleil pur.

Son père lui dit alors : « Lorsque te viendront les signes qui te feront femme, je te marierai à un homme riche de bêtes et de biens. Je t’ai promise depuis longtemps, tu seras sa perle de jeunesse et  l’honneur de ta famille. »

Pendant cinq ans Halide se souviendrait de cet instant, de cette étendue brûlante, sans commencement ni fin ;  là s’était mêlée son âme à l'immense, comme la fumée le fait au vent. 
Béni soit son père !  se disait-elle.
Du désert lui viendrait un cœur chaud comme l’eau et le ciel de Sandikli, un cœur où se fondre, un esprit large où mirer le sien : comme la beauté s’enamoure d’un miroir,  comme une eau fraîche épouse la terre brûlée. Ainsi allaient ses rêves qui, chaque soir, ramenaient la jeune Halide aux Portes de sable, et elle y voyait avancer un homme, monté sur un cheval noir aux nobles caparaçons.   

L'horizon commençait à ses pieds
Et rien ne le limitait.
Sable et rêves coloraient
L’espoir d’Halide, 
Ainsi que les songes de sa jeunesse.

Lorsqu’elle fut, enfin, femme , devenue belle comme une grenade, son père lui présenta un homme. Las, il était plus vieux que son père. Emprunté de richesses, pour sûr! Mais surtout de poids. L’homme sentait le fumier de ses bêtes et le musc des troupeaux, il bavait gras en mangeant, riait fort et rotait  avant de boire.

Le rêve d'Halide mourait au pied de sa jeunesse.
Rien ne lui promettait plus d’ailleurs : 
Larmes et désespoir inondaient
Pour cent raisons, son tendre visage.

Alors passa par-là, Sevky, preux cavalier des Monts Aladaglar
Son allure chantait le courage et son nom, aussi. 
Il respirait l’amour et  disait sa liberté, la passion. 
Il croisa la belle Halide, éplorée au pied de la fontaine. 
Il lui tendit l’oreille, et le cœur, et puis la main. 
Halide hésita peu, monta en croupe et partit avec lui.

Leur voyage allait où les guidaient leurs babouches
Et rien ne les limiterait: ni ici, ni ailleurs.
Le vent et ciel couvraient leurs rires
Et bénissaient leur union.

Ils chevauchèrent toute une saison, vécurent heureux et libres sous le dais d’or du soleil et le bleu de l'azur. Ils parvinrent jusqu'aux rudes Monts de l’Anti-Taurus. 
Sevky était bien pauvre. Un cheval ne fait pas une fortune. 
Mais ils s’étaient rencontrés contre ses flancs, s’étaient unis, un soir, de même, y avaient eu faim ensemble. 
Et à l’automne suivant, c'est là qu'ils périrent, enlacés, serrés contre des flancs encore tièdes de leur bête.

Le père, les frères et cousins d’Halide, mêlés aux sbires du vieil homme gras, venaient de les rattraper.
 Ils avaient bu, les pleutres! 
Pour se donner quelque courage...
 Ils parlaient d’honneur à blanchir, criaient vengeance, hurlaient au meurtre nécessaire, avaient oublié dans leur alcool jusqu’à leur folie honteuse.
Hommes devenus barbares, 
Ils avaient bu pour mieux perpétrer leur crime de lâches.
Quant à Halide et Sevky? 

Neige et ciel couvrirent 
Leur ultime union, 
Où fut donc leur honte ? 

De leur côté? 
Ou de ceux qui les tuèrent ? 
 Leurs deux corps reposèrent longtemps seuls, dans la plaine déserte, jusqu’à ce que ne poussent, pour leur faire un abri, deux troncs pour un même bouleau.

Et, chaque hiver quand siffle le vent et que de coton emmitouflent les plateaux de la blanche Cilicie, j’entends s’élever ce chant d’infini silence :


Rebelle Halide et preux Sevki,
En un seul arbre
 L’éternité embrasse  votre passion.




Ce texte où se mêlent prose et poésie est né de la rencontre de la Photo  de jean jacques Neste (les amis de la Creuse)proposée à la créativité des membres de l'Herbier de poésie. Elle s'est trouvée très librement inspiré par l'esprit du haïbun.
Ce texte a été inspiré dans sa thématique, par la nouvelle engagée de Karine Giebel : Aleyna ( à lire dans dans D'ombre et de silence) qui traite du honteux "meurtre d'honneur", encore trop en vogue dans bien des pays du monde; et parfois, dans quelques familles "folles",  jusqu'en occident.