lundi 20 avril 2020

Il est Un l’être du monde


                     https://www.youtube.com/watch?v=GbAsRSMNJio

L’enfant et le sage, ressentent l’Être du monde
Comme Un, dans son origine
Et son essence première toujours sous-jacente :
Tant plein qu’il en est immobile et omniprésent.

À notre œil de pauvres hères,
Il entre en mouvement,
S’inscrit dans la relation.
Et nous le voyons qui va d’A vers B,
D’un point du temps vers un autre,
D’un pôle vers un second avant de faire retour.

Oui, il le réel pour nous devient deux,
S’oppose et se transforme,
Se conjugue et se différencie ;
Et toujours et toujours plus,
Et partout il s’inscrit dans le divers et le mouvant.

Que reste-t-il qui le relie encore ?
Que reste-t-il qui en rappelle l’origine ?
Que reste-t-il qui nous en dise la perfection insigne ?
La beauté,
Celle des mots et des sons,
Que l’on nomme art et poésie,
Lorsqu’ils s’ordonnent en musique,
Harmonie et hauteurs.

Lorsqu’ils entrent en formes
Chargés de liens singuliers,
De relations harmonieuses et géométriques.
Alors s’éveille la résonance de l’âme,
Comme un écho de l’être créé face à la réalité de l’Être.

Le ravissement du cœur et de l’esprit :
Tout ou tant est nombre,
Tout ou tant est géométrie dans l’espace :
Et me touche la régularité de l’hexagone,
Lui qui devient alvéole…
Ou la mosaïque fractale qui se mue
En décor et jardin de l’Alhambra ;
La spirale du génome, filament d’ADN
Lui qui parle le même langage
Que le plus bel escalier hélicoïdal ;
La structure du palmier
Qu’imite la forêt des nervures
Au transept des cathédrales.

La beauté de la vie touche tant l’Homme
Qu’il l’imite et singe l’Univers qu’il habite.

Serge De La Torre

vendredi 3 avril 2020

Au jardin des Essentiels



Corps lourd et chemin du vide :
Chemin d'un plein qui s’en va,
Et d’un au-delà qui s’ouvre...

Une voix me guide
Lente et tranquille,
Me conduit 
Jusqu’à l’étrange porte de pierre.

Arche lourde au détour du chemin,
Obstacle de vie, entourée de prometteuse quiétude.

Quand je la franchis :
Plantes et allées sont toutes en ordre,
Et pourtant n’ont rien de figé,
Éprises d'être et  de lente souplesse.

Devant moi, une ronde dalle.
Un granit blond, lisse et chaud 
Comme une chair alanguie. 

Où se tient une mère et sensible
Et emplie de douceurs
Qui porte en ses bras, un enfançon, né d'hier
ou de longue éternité

Une merveille d’innocence, un mystère de silence.
Image de l’incréé, du naissant.
Du libre de l’existence, et de toute objection.

Et il tête, l’enfant, au doux sein de sa mère
Et n’a besoin de rien.

Il vit -sans manque- au téton maternel.
Et rayonne cette paix  dans laquelle il se trouve.
Il transpire, sais-tu, d'une lumière qui l’habite.

Ce jardin nourrit, là ,sa profusion,
Il y enracine sa croissance
Au sacré de l'union.

Non loin, un homme, humble jardinier
Qui m’offre des mots 
Où inscrire à jamais ma vision.
Qui m’indique, aussi, où creuser la terre,
Où poser mon offrande, 
Pauvre graine d’émeraude :

Humble semence, 
Amorce de vie renée.

Et la fleur de grenat grandit à l'instant,
Au milieu de milliers d’essences diverses: 
Réalité vive et soudaine,
Bouture, et nouveau départ
Dans ce jardin-écrin 
Oh! jardin de la Vie.
Oh ! jardin d’une enfance rêvée,
Qu’y a-t-il donc encore à craindre ? 
La peur n’est jamais réservée qu’aux apparences :

Ici l’agneau embrasse le tigre,
Ici, et le Blanc et le Noir sont unis
Ici se riment d’eux-mêmes, les contraires,
Ils se croisent sans se détruire :
Et même la vie et même la mort
Qui trouvent à être,
Qui trouvent paisibles à se chérir.

J’ai mis en terre ce qui devait l’Etre,
Ma quête peut aller plus loin, 
Repartir.
J’emporte avec moi ce relent d’ailleurs,
Cet instant d'Éternel.
 Et je sais
-Que m’importent les circonstances-
Que l’essentiel est toujours possible !
                           Qu'il suffit d'y bien voir, 
                           Qu'il suffit d'y regarder.


                                                     
                                                       Serge De La Torre