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samedi 29 avril 2017

Puissants ! Oh ! Inutiles jouisseurs !

La vendeuse de fleurs : oeuvre de Georgios Jakobides
Proposée dans le cadre de la communauté  l'Herbier de Poésies 
https://imagesreves.blogspot.fr/2017/04/lenfance-pour-la-page-76.html



Enfant sacrifiée, en attente de fortune !
Porteuse de misères et de loques fanées.
Marchande du plus beau : de l’inutile…
Pourvoyeuse de l’éphémère,
De la nature sans profit :
Toi, vendeuse de lavande,
Et d’autres plus humbles fleurettes,

Lasse, tu t’es assise,
Au seuil d’un palais .

Tombée là, épuisée,
Fermée, soudain, aux tristesses du monde.

Tu dors, fillette, et tes rêves sont loin !

Dans aucune de leurs écoles,
On ne t’a apprit à penser
Le destin que tu vis .

Alors, d’un rayon de soleil,
Tu te fais un régal .

D'une marche, d’un mur chaud,
Le plus doux des reposoirs.
Et d’une lourde chimère affamée,
Le plus délicieux des mensonges.

Libre, adossée à la pierre de l’histoire,
Tu imagines le goût d’un  autre monde.
Celui, où enfin régneraient pour tes semblables,
Le droit de vivre son âge, et celui de devenir.

Puissants !  Oh ! Inutiles jouisseurs !
A quoi bon le pouvoir qui est le vôtre,
S’il n’est celui de protéger la vie ?
A quoi bon vos opulences,
Si elles ne servent à rendre douce l’existence  des enfants,
Le sort des fragiles et la route de ceux que vous nommez,
Pleins de mépris, les ventres creux,  !

Serge De La Torre


vendredi 21 avril 2017

Le magicien chante ma nostalgie avec ses mains,


Balade pour mon pays
Proposition d'écriture créative N°69 de l'Herbier de Poésie 



L’oiseau, étrange, chargé de toutes les tristesses du monde,
S’est, dans l’espace de mon âme, envolé :
Il crie des fantômes et des douleurs oubliées.
Il me parle d’un pays coloré qui n’est pourtant pas le mien.

Or c’est ce dernier, et lui seul, que j’entends :
Nous sommes tous chassés, sans racines,
Tous des exilés de nos certitudes !
 Nous pleurons chacun, au moins,
Nos refuges passés, nos confiances perdues.
Nous sommes, nous aussi, des migrants du désir,
Expatriés d’infinis bonheurs,
D’inoubliables douceurs enfantines
De nos premières croyances,
De nos originelles fulgurances.

Où nous libérons-nous de ce passé chargé de nostalgies ?
Où retrouver les mille objets perdus de nos rêves enchantés ?

Ici et maintenant, dans la merveille du vécu goûté,
Dans l’émerveillement de l’infime  moment.
Déjà,  au fond de moi, s’ouvrent
Dans le battement d’un cil, entre deux trémolos
Des espaces sans frontières où vivre, apaisé,
De quiets silences, d’étranges renouveaux.

Il n’est plus ce pays de nos rêves, et ne reviendra plus.
Le temps  va, sans attache, ni permanence aucune,
Il court le long d’un tortueux chemin fou.

Homme au milieu des hommes, au présent,

Je ne peux devenir que citoyen, libre, du monde qui va..